Bientôt des disques durs de 100 To ?
 

Des chercheurs de l’université technique de Vienne ont réalisé des simulations mettant en œuvre une technologie d’enregistrement magnétique et laser pour obtenir une densité d’enregistrement record.

Entreprises, data centers et même particuliers, les demandes en stockage ne cessent de croitre et les constructeurs de disques durs tentent de proposer des modèles avec plus de capacité. Mais les technologies d’enregistrement magnétiques actuelles ont leurs limites, en particulier au niveau de la densité d’information qu’il est possible de stocker sur un plateau.

La solution pourrait venir de la technologie HAMR (Heat-assisted Magnetic Recording) puisque des chercheurs de l’université technique de Vienne ont annoncé dans une publication être capables d’atteindre une densité record de 13,23 Tbits/pouce². Actuellement, un disque dur de 8 To possède une densité surfacique de 1334 Gbits/pouce², soit environ 1 Tbit/pouce². En outre, un des plus gros disques dur 3,5 pouces disponible sur le marché est l’Ultrastar He10 qui offre une capacité de 10 To avec une densité de 816 Gbits/pouce². Seagate propose également un disque de 10 To mais n’a pas précisé sa densité. En résumé, la technologie HAMR ici présentée permettrait d’offrir une capacité de stockage dix fois plus élevées et offrir des disques dur de... 100 To ! 

Technologie HAMR

Comment ça marche ?

Cette technologie consiste utiliser un rayon laser pour chauffer brièvement la surface du disque à l'endroit précis où les bits de données doivent être écrits. Le support chauffé est alors plus facile à magnétiser. De plus, l'aimantation plus légère des particules limite les risques liés au super paramagnétisme (l’aimantation est sensible à la température et peut devenir nulle) et les données écrites sont rapidement stabilisées par le refroidissement du support.

Avec les technologies actuelles (PMR, SMR), la diminution de la taille des « grains » engendre des problèmes de stabilité et de difficulté pour réaliser les opérations de lecture et d’écriture. La technologie HAMR résout ces problèmes mais nécessite de régler précisément la température et la position du laser.

Les chercheurs de l’université technique de Vienne ont procédé à de nombreuses simulations en modifiant ces deux paramètres pour optimiser les réglages afin d’offrir la plus haute densité. Ces données pourraient servir aux fabricants de disques durs mais, à cause du laser, la conception et la production se révèle nettement plus complexe. Les disques HAMR sont encore à l’état de prototypes chez les constructeurs et les premiers modèles commerciaux ne sont pas prévus avant 2018.

A bientôt pour de nouveaux articles.

Thierry MARIE-ROSE