Des chercheurs multiplient par 1000 le débit de transmission sur fibre optique
 

Une nouvelle technique permet de créer des canaux de transmission optique avec un débit de plus de 1 Tbit/s, soit environ mille fois plus que les canaux actuels. Elle vient d’être testée en laboratoire.

Imaginez que vous voulez télécharger l'intégrale de « Games of Thrones » en qualité HD, soit environ cinquante heures de contenu vidéo. Avec la technologie de transmission optique que viennent de présenter des chercheurs de l’University College of London (UCL), cela ne prendrait… qu’une seule seconde. Le laboratoire Optical Networks de cette vénérable institution vient en effet de développer un système de communication sur fibre optique capable de gérer un débit jusqu’à 1,125 Tbit/s sur un seul canal. Comparé aux techniques actuelles, c’est environ 1000 fois plus !

Pour bien comprendre, il faut rappeler un principe fondamental des réseaux fibre optique d’aujourd’hui : le multiplexage en longueur d’onde. Celui-ci permet de faire passer plusieurs flux lumineux sur une même fibre optique en affectant à chacun une longueur d’onde (ou « couleur ») différente. On évite ainsi que les signaux ne se mélangent pendant la transmission. Chaque longueur d’onde constitue alors un « canal », qui dispose chacun d’un émetteur et d’un récepteur qui lui sont propres.

A Lire : Nouveau record de vitesse en 5G : vous téléchargerez 27 films en une seconde !

Les technologies actuelles sont capables de grouper plusieurs centaines canaux sur une même fibre, chacun avec un débit d’environ 10 Gbit/s. Ce qui permet d’obtenir un débit total de plusieurs térabits par seconde. C’est déjà très bien, mais pas suffisant compte tenu de l’augmentation exponentielle des échanges de données sur notre planète.

Des « super-canaux » de transmission

L’idée des chercheurs de l’UCL est créer une espèce de second niveau de multiplexage. En appliquant une technique de modulation appelée 256QAM, ils arrivent à grouper jusqu’à 15 canaux en un seul. Ils ont également réussi à optimiser considérablement le codage des informations sur chaque canal pour, au final, obtenir un débit de 1,125 Tbit/s sur un unique « super-canal ».

Bon, pour l’instant, cela ne fonctionne que dans un laboratoire, avec du matériel expérimental et une distance de transmission proche de zéro. Mais c’est un premier pas pour muscler notre cher Internet.

 

A bientôt pour de nouveaux articles.

Thierry MARIE-ROSE